-  (Dave) Ah ouai ? Et vous allez écrire quoi sur moi ?

- (Journaliste) Oh, je dirai que… ce ne sont plus des hippies en mission spirituelle qui débarquent en Inde, aujourd’hui, mais des jeunes connards venus randonner en terre de pauvreté. Je dirai que, de nos jours, aller en Inde n’est pas un geste de rébellion mais bien plutôt une entreprise conformiste ouverte à des petits ambitieux de classes moyennes, désireux d’inclure dans leur curriculum quelque chose qui démontre un peu d’esprit d’initiative (…) Votre prétendue voyage n’a pour tout horizon qu’une bassesse travestie en ouverture de l’esprit. Vous n’avez pas la moindre curiosité pour l’Inde, pas l’ombre d’une sensibilité pour les difficultés qu’elle affronte. Vous traitez également les Indiens avec un mélange de mépris et de méfiance issus tout droit du colonialisme victorien. (…)

William Sutcliffe, 1997, Vacances indiennes (Are you Experienced ?), Coll. 10/18,pp.192-193.

Pourquoi l’Inde ? Après Madagascar l’été dernier, nous voici parti pour le sous-continent indien alors que cette année, “avec la crise”, on aurait du rester dans l’hexagone… Mais non, nous voilà décidé, il y a quelques mois en arrière, de passer sur le continent asiatique. J’avoue ne plus savoir pourquoi, par contre l’intérêt pour cette partie du monde était certain. A force d’en parler comme d’une puissance émergente, d’un lieu fantasmatique… Parce que dés que vous dites que vous allez en Inde, les commentaires fusent. Le plus souvent les habitués vous déclarent :

Tu verras on aime ou on n’aime pas l’Inde

Ah ça forcément, si tu ne sais pas que tu vas dans un pays les plus peuplés du monde, aux contrastes les plus marqués, forcément ça va te faire drôle. Toutes les images bollywodiennes ne sont qu’une version épurée, occidentalisée, d’un pays un peu plus trash que ça ! Lorsque de temps à autres on se payait, durant le séjour, un hôtel avec AC et TC, il est étonnant de voir les publicités ou ces flims dans lequel on  décrit une Inde décalée de la réalité où le confort moderne avec des objets au design “international” sont vantés, avec des acteurs à la peau très métissée, voire blanche. Lorsqu’on déambule dans la ville indienne, cette population occidentalisée est quasi-invisible.

Alors en circulant dans les rues de Delhi, ce qui m’a interpellé, au-delà du bruit, du monde, des odeurs, du rythme, etc., ce sont ces mains entre amis de sexe masculins qui s’accrochent, se tirent, s’effleurent parfois. Rien de sexuel bien entendu, juste un échange entre ami. Quand on connaît le caractère machiste rencontré sur place, cela à de quoi étonné. Mais il y a quelque chose de charmant, sans sous-entendu possible quand on les voit se balader dans les rues ou les monuments.

Il y a aussi lors de nos visites dans des parcs, tous ces indiens des classes moyennes supérieures qui se cachent ou inventent des situations pour nous prendre en photo. J’avoue n’avoir jamais osé demander le pourquoi de ces photos des blancs. Encore j’aurai une réponse s’ils prenaient seulement les femmes ou jeunes filles, mais non, moi aussi… Bon faut dire que je fais toujours une de ces têtes mais quand même. C’est étrange ! D’ailleurs, ce que j’ai aimé là-bas c’est la quantité d’Indiens qui profites de prix nationaux pour visiter le patrimoine de leur pays, entre amis ou en famille. On devrait prendre exemple tout de même. Mieux, cela a permis d’observer une chose. Un indien très pauvre voire miséreux se déplace pieds nus, un indien un peu moins pauvre possède des tongs, un indien de classe moyenne supérieure peut avoir des chaussures ou des baskets, mieux le top du top observé durant le séjour c’est la paire de chaussure de montagne quand on sait les températures en période de pré-mousson et comment ça sèche bien quand le déluge s’annonce.

D’ailleurs, ce déluge on l’a eu dans la capitale, …

(en construction…)

  • Lectures du séjour : Pierre Bordage, 1999, Graine d’immortels, J’ai Lu. Un thriller scientifique qui se passe en Inde… Forcément à peine trois heures de vols et il était déjà terminé. Suivant. Alors une fois atterri à Delhi jusqu’au Shekhawati je suis passé à Régis Airault, 2005, Fous d’Inde. Délires d’Occidentaux et sentiments océanique, Petite bibliothèque Payot. Où comment éviter de se prendre la tête en voyant que certains la perdent facilement au contact de Bharat. Il permet aussi de mieux reconnaître certains au cours du voyage. Peut être à commencer à lire pendant le vol… J’ai du ensuite acheter un bouquin à Jaiselmer dans une boutique. Je suis tombé sur l’hillarant William Sutcliffe, 1997, Vacances indiennes (Are you Experienced ?), Coll. 10/18. A lire au milieu de son voyage, ça nous remets à notre place et permet de se dire qu’on est là en vacances avant tout. Ensuite à Mandore, je suis passé à Mo Hayder, 2008, Rituel, Coll. Pocket. Un thriller sur fond de croyances africaine à Bristol. Haletant. Voilà une semaine de passée et il ne restait que le bouquin de mes amis à lire pour les trois semaines suivantes… Alors ce fut le Fred Vargas, 2004, Sous les vents de Neptune, V. Hamy. Une sorte de Bienvenue chez les cousins d’outre-manche, mais en mieux ! Après forcément, plus rien à lire. Et il me restait encore plus de la moitié du voyage… Pas grave, le temps à passé et ma moitié n’a pas eu le temps de finir Rouge Brésil de Jean-Christophe Ruffin (Gallimard, 2001), je m’y mettrais donc cet automne. En rentrant, je me suis replongé dans le Je t’aime (Ti amo, 1996) de Francesco Alberoni, dont j’avais lu, il y a quelques années de ça, L’amitié (L’amicizia, 1984).

Alea iacta est

 

Annecy 2018 !

 

Le CNOSF a désigné la cité haut-savoyarde comme ville candidate à 23 voix, contre 10 pour Nice, 9 pour Grenoble, délaissant Pelvoux

 

Malgré l’opposition des Verts et quelques autres, la ville d’Annecy est la ville candidate pour la France pour l’organisation des XXIIIe olympiades d’hiver. Si l’on met de côté le soutien de nombreux sportifs locaux et personnalités nationales (Aimé Jacquet, Frank Riboud, Marc Veyrat, Yann-Arthus Bertrand), il est toujours intéressant d’observer que la capitale historique de la Savoie, Chambéry, hésitait entre un soutien à la cité dauphinois et sa voisine, savoyarde, du Nord, évitant la prise de position dans une candidature de la Savoie, et que la cité de Calvin voisine, Genève, apportait son soutien à Annecy

 

Autant dire qu’avec un tel cadeau, la région n’est pas prête de voir le jour…

 

*****

 

En 50 avant J.-C., toute la Gaule est occupée, sauf un petit village qui résiste à l’occupant romain.

La candidature annécienne a reçu le soutien de la majorité des communes haut-savoyardes, toutefois une commune a délibéré contre : le village de Lathuile. Cette décision fut rapidement stigmatisée par le canard local, Le Faucigny, rappelant que la commune, qui a donné un Miss France en 1996, refusait l’or à son chef-lieu de département…

 

Réplique : n. f. Géophys. Secousse secondaire faisant suite à la secousse principale d’un séisme.

 

Le 150 e anniversaire de l’Annexion de la Savoie ne sera célébré que dans une année, mais déjà la petite patrie alpine s’agite. Sans parler des célébrations envisagées, des réflexions savantes (“Appel pour un rappel” sur le site de la SSHA), la Savoie est à nouveau secouée par un besoin de reconnaissance, identitaire ?

 

1860 : Annexion de la Savoie.

1960 : Célébration du Centenaire. Quelques maires Savoyards déçus de ne pas avoir été reçus par le général. La création des Savoyards de Savoie. Scission avec le Cercle de l’Annonciade. Retrouvailles en 1972 autour de la création du Mouvement Région Savoie et la promotion d’une région. Echec politique, les deux départements n’étant pas capables de s’associer (Sans désigner celui du Sud… bien entendu). 1989 Michel Barnier lance l’idée de la création d’un “superdépartement”.

1992 : Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville. 1994/94, création de la Ligue savoisienne. 1998 proposition de loi tendant à créer une région Savoie, menée par Michel Bouvard. Création du mouvement Région Savoie, j’y crois. 1999, Tamié, création de l’Assemblée des Pays de Savoie. Scission savoisienne avec la Confédération savoisienne. 2006, le Parti Fédéraliste et Régionaliste de Savoie. 2007, Hervé Gaymard lance l’idée d’un Conseil des Pays de Savoie. Association de la LS et du MRS au sein de Savoie Europe Liberté (2007).

2010 : 150e Anniversaire de l’Annexion

 

Le président de l’Assemblée des Pays de Savoie, Hervé Gaymard, annonce, pour célébrer l’événement, la constitution d’un Conseil des Pays de Savoie (Article du DL, édition du 11 décembre 2008). Depuis sa déchéance en 2005 au niveau national, l’ex-ministre des Finances tente de rebondir au niveau local et à promouvoir la création, non pas d’une région Savoie, mais d’une collectivité locale savoyarde permettant la fusion des deux départements… Idée déjà présente dans son programme des élections législatives de 2007. Il reviendrait donc à ses premiers amours, lui qui fut membre du Mouvement région Savoie.

 

 

Blablabla

Blablabla

Mais que devient le “premier mouvement politique de Savoie” (dixit son secrétaire général, lors des années faste), la Ligue savoisienne ? Malgré ses échecs aux différentes élections (Il faudra d’ailleurs m’expliquer comment elle n’a réussit à réunir si peu de voix lors des Européennes de 2004 alors que ces contacts avec R&PS s’étaient tout de même endurcis… mauvaises communications ?), malgré son nouveau site toujours en construction depuis 2006 (Après l’arrêt en 2004 de son site officiel, le maintien d’une vie virtuelle avec le site de son épisodique journal -mort depuis 2007… – heureusement que Thomas de Savoie est là avec son blog), le terrain actuel semble tout de même favorbale, ou bien ? Quand était-il à Giez, avant-hier ? Je n’ai pu y passer, mes vacances finissant…

 

 

Etonnant tout de même qu’une situation telle – géographique (quoique certains hésitent encore entre le Dauphiné ou la Suisse),  historique, culturelle (à renouveler sûrement), économique (tout dépend encore du haut et du bas, des transfrontaliers)  -  la Savoie n’a toujours pas su développer une identité aussi forte que celles d’autres périphéries françaises. Certaines mobilisations dans le temps ont tout de même porté leurs fruits : les petites croix à l’entrée des villages, la pavoisement, la pétition du MRS qui avait rencontré un certain succès (celle-ci commencé il y a peu sur le net que donnera-t-elle ? On ne sait pas qui est derrière celà. Amateurisme ? Toutefois, on reconnaît de-ci, de-là quelque noms de la LS). On peut rappeler aussi la presque réussite électorales du MRS aux régionales de 1986, mais seule la Ligue a réussi à obtenir un siège en 1998. Année apogée du mouvement identitaire savoyard. Mais sommes-nous repartis pour un bel échec à cause des élites politiques ?

 

 

L’Assemblée des Pays de Savoie d’aujourd’hui a-t-elle gardé ce que certains appellent “l’esprit de Tamié” ? La rivalité Nord-Sud est toujours d’actualité. Dans son interview, Hervé Gaymard dit à propos de son projet : “Mais à l’évidence un redécoupage des cantons s’impose, notamment en Haute-Savoie.” Et oui, la Savoie du Nord avec ses 700 000 hab. contre les 400 000 hab. du Sud, politiquement ça ne le fait toujours pas. Déjà en 1972, la rivalité départementale avait légèrement plombé le bon déroulement du plan des régionalistes. Par ailleurs, au sein du conseil général du Sud, on brandi l’argument de la taille et d’éventuelles complications à gauche… Sans parler des hésitations dans le Nord…

 

6 milliards d’Autres

 

Juste quelques 5 000 rencontres, originaires de 75 pays.

S’arrêter et écouter.

Un site avec pleins de jeux dedans !
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1. Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. 
2. L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. 
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 26Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948)

 

1. Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances:
a) Ils rendent l’enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous ;
b) Ils encouragent l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire, tant général que professionnel, les rendent ouvertes et accessibles à tout enfant, et prennent des mesures appropriées telles que l’instauration de la gratuité de l’enseignement et l’offre d’une aide financière en cas de besoin ;
c) Ils assurent à tous l’accès à l’enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés ;
d) Ils rendent ouvertes et accessibles à tout enfant l’information et l’orientation scolaires et professionnelles ;
e) Ils prennent des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et la réduction des taux d’abandon scolaire.
2. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la discipline scolaire soit appliquée d’une manière compatible avec la dignité de l’enfant en tant être humain et conformément à la présente Convention.
3. Les États parties favorisent et encouragent la coopération internationale dans le domaine de l’éducation, en vue notamment de contribuer à éliminer l’ignorance et l’analphabétisme dans le monde et de faciliter l’accès aux connaissances scientifiques et techniques et aux méthodes d’enseignement modernes. À cet égard, il est tenu particulièrement compte des besoins des pays en développement.

Article 28Convention internationale des droits de l’enfant (20 novembre 1989) – Voir aussi les articles 23, 29 et 32 (Sur le site de l’UNICEF)

 

Un simple rappel. En 1999, un rapport de l’UNICEF indiquait qu’environ 21% des enfants dans le monde, soit 130 millions, n’étaient pas scolarisés*. Aujourd’hui, ce chiffre serait estimé à 75/77 millions selon l’Institut de la statistique de l’UNESCO, dont la moitié de filles, et majoritairement en Afrique (Site de l’UNICEF à consulter). Soit une baisse de 25% !

 

Pourquoi ceci, ici et maintenant ? Parce que je suis tombé sur ça :

 

 

Une campagne de l’association One Laptop per Child, créée en 2005 aux E.U.A., ayant pour but de promouvoir un ordinateur à 100$. Soit ! Mais à voir absolument… cette caricarture.

 

  • Flims : Deux flims sont sortis cette année sur les enfants soldats (Définition par le Haut-commissariat des Nations unis aux droits de l’homme) : Ezra de Newton I. Aduaka (2008 – Voir la fiche sur le site de Arte où le film a été diffusé en 2007) ; Johnny Mad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire (2008). On pourrait par ailleurs compléter avec Blood Diamond de Edward Zwick (2006). Le documentaire de Emmanuel Jal, War child (2008).

Les pattes d’un canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien.

Zhuāng Zǐ (penseur chinois, IVe s. avt. J.-C.)

 

Regardant l’Edition Spéciale sur Canal + ce jour, je vois le chroniqueur Chris Esquerre (video du 11.XI.08 ou sur DailYmot°) qui, lors de sa revue de presse, fait un appel pour la sauvegarde du “canard qui ouvre son bec”, le trimestriel savoyard : La Voix des Allobroges.

Décidément, l’écho en Savoie résonne bien loin !

 

  • Lien : Le blog de Pouj, l’auteur de l’article “Rencontre avec un passionné de vidéo de surveillance“.

Et le géographe, ayant ouvert son registre, tailla son crayon. On note d’abord au crayon les récits des explorateurs. On attend, pour noter à l’encre, que l’explorateur ait fourni des preuves.

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince.

 

Après un passage en Dordogne (2004), à Berlin (2005), en Poitou (2006), à Athènes (2007), cette année avec M de BeM, nous sommes partis en Belgique. Rien de tel, en quelques heures, pour vous dépayser.

 

 

Les maisons sont en brique, les gens sont polis, on y mange & boit bien, mais surtout les Belges sont TRES drôles. Et je ne parles pas là de Belgicisme ou du vice-président Daerden, mais ceci est à voir ABSolument !)

 

Après un week-end à Liège où nous avons découvert les boulets sauces lapin à la liégeoise à la brasserie-concept la Vaudrée 2 (une carte-classeur composée au trois-quart à une liste de plus de 3000 bière…) et “dégusté” un peket (c’est du wallon, langue francophone de la Communauté française de Belgique, en fait ça veut dire piquant, et c’est à base de genièvre. Donc en gros, une boisson légèrement forte aromatisée à toutes sortes de fruits. Je conseille aux fruits des bois. En gros, comme je le dis dans mes montagnes, tu bois un verre, ta chaud, tu en bois deux, tu skies à -30°C), à la Maison du peket, of course ! Forcément, avant tout de découvrir ces traditions culinaires, pour une meilleure hygiène de vie, on a passé quelques heures dans les eaux chaudes de Spa

 

Ensuite, après un temps sur l’autoroute, dans la brume (forcément on est dans le Nord), nous arrivons à Gent (en fra. : Gand), deuxième escale de notre périple. Nous connaissions Brugge déjà, Y ayant une partie du clan familiale, mais là, tout en ressemblant à la Venise du Nord, la deuxième ville de Flandre offre un aspect plus chaleureux, moins musée, et peut être un peu plus vivant quand on sait qu’elle accueille pas moins de 30 000 étudiants (On a d’ailleurs pu observer un étrange cortège de jeunes étudiants avec leur caddie de bière, dont l’un avait été métamorphosé en arbre… Bizutage, sûrement !). Que retenir ? Passer donc un peu sur ce site du tourisme pour vous faire une idée pour dormir ou des lieux à visiter… Un petit coup d’oeil avec cette webcam sinon. En 24h, nous, nous avons adoré flâner dans le centre historique avec ces trois tours + une, l’hôtel de ville, le Graslei, le Vrijdagmarkt, le magnifique Gravensteen (le château comtal médiéval et ses instruments de torture…) etc. Après une halte pour ripailler avec des Spare Ribs (travers de porc) à volonté au De Gekroonde Hoofden. Après une nuit dans une chambre Art déco, nous avons passé la matinée au M.I.A.T., le musée de l’industrie du textile. Un musée vivant, pédagogique (enfin pour les profs, les jeunes s’Y étant aventuré ce jour là, sauf les petits, on torché la visite en une ou deux heure(s)…) avec surtout une cafétéria abordable (surtout durant les beaux jours !) avec des soupes et des assiettes de crevettes pas chers.

 

Direction ensuite Oostkamp, sa mairie de 1882, ses magasins (chics), et la cuisine de ma grand-m’a ! Un petit tour à l’ex-GB racheté par un groupe français, pour faire le plein de boissons locales, de chocolats belges, qui ne le sont plus, de ships, tellement meilleures qu’en France.

 

Bilan, tout comme Mada cet été, j’ai encore pris quelques kilos… Voyagez qu’ils disaient ! 

 

  • Lectures : … Rien … Je n’ai plus lu une ligne depuis Wang… Va falloir se secouer mon vieux !

1. Les fils de Noé, qui sortirent de l’arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan. 2. Ce sont là les trois fils de Noé, et c’est leur postérité qui peupla toute la terre.

Genèse, 9 (Γένεσις).

 

Reprise de la carte T, selon d'Isidore de Sicile (VIIe s.)

Reprise de la carte T, selon Isidore de Sicile (VIIe s.)

Chaque année, j’arrive en 4e ou en 1ère à placer la division cartographique et symbolique du monde avec la carte en T ou appelée T dans l’O. J’aime cette représentation et pouvoir la réutiliser lorsque l’on étudie la colonisation européenne et son argumentation…

Ci-contre donc, une carte T dans l’O qui permet de représenter le monde en trois parties – les trois continents (Aisa, Europa, Africa) – à partir d’un centre, Jérusalem (Reprenant par là, la première carte du monde, perdue, du grec Anaximandre de Milet, VI s. avt. J-C). Une représentation du monde qui s’est développée avec l’influence chrétienne à partir du VIIe siècle, puis abandonnée au XIIe, avec une nouvelle représentation cartographique d’après le géographe arabe Al-Îdrisi. Cette vision du monde est ainsi décrite par Isidore de Sicile, dans son Etymologiae :

Le monde est dit “rond” d’après la rondeur d’un cercle, parce que le monde est telle une roue [...] À cause de cela, l’Océan qui l’entoure est contenu dans une limite circulaire et est divisé en trois parties, d’une part l’Asie, en second l’Europe et en troisième l’Afrique.

Isidore de Sicile, Etymologiae (VIIe s.), d’après la trad. de WP

Ainsi la mer représente un O autour des trois continents, séparés par par la Méditerranée, l’axe Mer Noire – fleuve Phase ou le Danube (selon les auteurs) et le Nil-Mer Rouge (selon les appréciations). Au Moyen Âge, on attribuait, d’après la Bible, ces trois terres aux descendants de Noé, Sem (Asia), Japhet (Europa) et Cham (Africa).

 

Et il dit : Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères !

Genèse, 9

Selon l’interprétation de la Genèse 9, cette tripartition revêtue un aspect fonctionnelle au XIIe siècle : l’Asie devenant le lieu des hommes libre ou des prêtres, l’Europe revenaient aux combattants et l’Afrique aux travailleurs ou aux esclaves. Ce que l’on appelle communément la malédiction de Cham permet ainsi de légitimé l’instauration de l’esclavage en Afrique au XVIIIe et XIXe, dans la mesure où les descendants de ce dernier sont considérés inférieurs à leurs frères…

Heinrich Bünting (1545-1606), Die ganze Welt in einem Kleberblat in Itinerarium Sacrae Scripturae, 1581

Heinrich Bünting (1545-1606), "Die ganze Welt in einem Kleberblat" in Itinerarium Sacrae Scripturae, 1581

En parcourant un peu la toile sur ces carte T dans l’O, je suis tombé sur cette représentation symbolique (Pour une version plus grande et en couleur, WP:Commons - Autre version détaillée) de Heinrich Bünting (1545-1606), un théologien luthérien d’Hanovre, qui propose elle-aussi une tripartion du monde, tout aussi symbolique – avec une légère nuance, le Nouveau monde, connu pourtant dans ces grandes lignes, émerge partiellement à l’ouest (sans parler des îles britanniques ou de la Scandinavie perdues au Nord). La légende indique “Die ganze Welt in einem Kleberblat Welches ist der Stadt Hannover meines lieben Vaterlandes Wapen” (trad. fra. : le monde entier dans une trèfle qui est la forme de l’écusson d’armes de ma chère patrie, la ville de Hanovre. L’utilisation du trèfle est donc un hommage rendu par le théologien à sa ville natale : Hanovre, que l’on trouve sur les armes antique de la ville).

Au centre de la carte, le cœur, toujours, la ville de Sion, Jérusalem, et chaque foliole représente l’un des trois continents : l’Asie, l’Europe et l’Afrique, avec une toponymie réduite.

En Europe : l’Espagne (Hispanien), la France (Frankreich), la Saxe (Saxen), Lotharingie ou Lorraine ?  (Lothringen), l’Allemagne (Deutchland), un autre pays (?), la Hongrie (Ungern), la Pologne (Polen), la Prusse (Prussen), la Grèce (Griechenland), l’Empire ottoman (Türken), un autre pays (?) les villes de Milan ? (Meilano) et de Rome (Roma), entre lesquelles on trouve ? (Welschland).

En Asie : A partir de Jérusalem, les villes de Damas et Antioche, la Syrie (Syria), Arabie (Arabia), la ville de (?), la Chaldée (Chaldea) avec les villes de Ur, Babylone, en Mésopotamie (Mesopotamia) la ville de (?), en Arménie (Armenia) la ville de (?), en ? (Mede?) avec la ville de (?), en Perse (Persia) avec les villes de Suse (Susa) et de Persepolis (Persepolis), enfin l’Inde (India). Pas de Chine ?

En Afrique : la ville d’Alexandrie en Egypte (Egypten), Cyrène en Libye (Lybia), ? en pays musulman (Morenland), le royaume de Melinde/Malindi au Kenya (Königreich Melinde), et le Cap de Bonne-Espérance (Caput Bonae esp).

Heinrich a d’ailleurs réalisé d’autres cartes dans un ouvrage de 1583, Reisebuch über die gantze heilige Schrift (Livre de voyage à travers toute l’Écriture Sainte), dans lesquels les continents avaient une représentation humaine ou animale (dites cartes anthropomorphiques). Ainsi l’Europe (Europa Prima Pars Terrae in Forma Virginis) est une reine – “la dame Europe” – portant une couronne et un sceptre, l’Asie (Asia Secunda Pars Terrae in Forma Pegasi) un cheval ailé, Pégase, alors que l’Afrique (Africa Tertia Pars Terrae) garde une représentation plus traditionnelle.

 

Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.

Blaise Pascale, Pensées, 90.

Et si l’histoire était une succession de hasards ? Le pauvre Marc-Antoine aurait pu devenir l’empereur, s’il n’eut succombé aux charmes de la princesse Lagide, VIIe du nom, dernière monarque du royaume grec d’Egypte. Rome en aurait évolué, peut être, autrement. En cela, j’ai succombé à l’uchroniel’histoire alternative  - comblant partiellement, en quelques lignes les rêves historiques les plus fous.

Comment en être venu dans ce genre littéraire ? Déjà, inconditionnel de F. Herbert ou D. Simmons, dés ma Seconde générale, je me suis pris de passion pour la science fiction. J’ai enchaîné les titres des deux auteurs, et quelques autres, jusqu’à les relire à nouveau, voire un peu plus pour le Cycle de Dune. Et voilà qu’en Licence, un ami, dénigrant le premier genre, me propose un ouvrage policier, revisitant le cours de l’histoire. Curieux, je me lance dans la lecture de Fatherland (1992), du britannique Robert Harris. Me voici emporté dans un monde dans lequel les troupes allemandes n’ont pas succombé et ont brisé la résistance soviétique du tsar Rouge, un monde devenu lui aussi bipolaire entre les E.U.A. et le Reich et qui va peut être prendre fin, sous les auspices du président des E.U.A. Jospeh Kennedy (père de JFK), un monde où les nouvelles élites du Reich, désirant cette fin du conflit latent, éliminent toutes les traces de leur macabre Solution finale organisée lors de la Conférence de Wannsee (20 janvier 1942).

Depuis ces dernières années, bien que le genre m’eut plu, je n’ai pas cherché à m’y replonger jusqu’à ces dernières semaines durant lesquelles j’ai cherché quelques choses qui pouvait m’emporter à nouveau lors de mes trajets entre l’Etablissement et ma maison. Farfouillant ma bibliothèque, je tombe sur Robert Merle et son ouvrage uchronique, assez peu connu, Malevil (1972, une adaptation cinématographique a été réalisée en 1981 par Christian de Chalonge). Dans ce dernier, il décrit la création d’une nouvelle société dans le Sud-Ouest français, suite à un “accident” nucléaire au-dessus de la France. Le roman, bien que peu haletant, décrit les différentes sociétés qui se mettent en place après l’événement, et leurs travers. Bien que lent, marqué par un bon sens paysan, le livre se lit facilement et reste intéressant selon la grille de lecture.

Voulant poursuivre l’existence, me voilà sur la Toile pour trouver un autre roman uchronique de même tenant. Je tombe sur la page de Wikipédia qui liste quelques ouvrages considérés comme majeur. Je m’arrêtes donc sur le Maître du Haut-Château de Philip K. Dick (1962). Le temps de découvrir quelques critiques dithyrambiques, je vais l’acquérir dans ma libraire de quartier, l’AAL 12. Je vous résumerais bien l’ouvrage, mais j’avoue être passé à côté de celui-ci. Déception absolue, enfin plutôt rageant de n’avoir pas été touché par celui-ci. Voulant éviter de retourner acheter un livre à l’AAL 12 pour me retrouver déçu, j’ai poursuivi avec Robert Merle et son passionnant roman historique La mort est mon métier (paru en 1952). J’en reparlerais plus tard, mais j’avoue que c’est un ouvrage à recommander absolument…

Enthousiaste, en vacances, ayant besoin de m’évader, me voici reparti à l’AAL 12 ce vendredi et je m’arrête à nouveau devant le rayon SF. J’ai besoin d’un autre roman pour partir. Je tombe sur Wang, un autre ouvrage uchronique de la liste de Wikipédia, de Pierre Bordage (paru en 1996-1997 pour les deux tomes). Un peu gros, un peu cher, le quatrième de couverture n’a pas l’air palpitant, mais j’ai besoin de lire. Je le prends. Bien qu’en étant, aujourd’hui à la 96e page, j’adore déjà. Cet univers dans lequel un autre monde multipolaire est en place, entre d’un côté la République Populaire Sino-Russe (RPSR), sorte de monde néo-barbare qui est décrit dans ces premières pages et celui, à ce jour inconnu, derrière un véritable limes matérialisé par une clôture électrifiée protégeant la civilisation européenne que je vais enfin découvrir.

L’atmosphère paisible qui se dégageait de ces scènes bucoliques (d’Occident) avait émerveillé Wang. De l’autre côté du REM, les Sino-Russes s’entassaient dans des taudis, crevaient de froid et de faim, respirait un air insalubre, se disputaient les produits de premières nécessité comme des chiens enragés, vivaient dans la terreur des néo-triades. Ce n’étaient pas une poignée de kilomètres et une muraille électromagnétiques qui séparaient l’Occident et la RPSR, mais un gouffre temporel de plusieurs siècles.

Pierre Bordage, Wang, Les Portes d’Occident, L’Atalante, p.151

Cependant, la réflexion que je me fais déjà est à savoir en quoi ce roman est-il uchronique, dans la mesure où l’histoire se passe en 2212. Certes, il raconte un monde dans lequel l’Histoire a bifurqué à un moment m de la notre, mais à ce jour rien n’est vraiment clair. Alors je me suis rendu à nouveau sur l’article de Wikipédia et là je réalise que ce n’est que dans la suite de l’ouvrage que je pourrais comprendre. Donc à suivre…

 

  • Flim : The War Game (en fr. : La Bombe), un film-documentaire de Peter Watkins (1965). Flim dans lequel l’auteur éclaire notre regard sur les réactions de la société britannique (d’après des images d’archives et selon les connaissances du moment) face à une attaque nucléaire. (Vidéo)
  • Lien : Page du blog “Le garde-mots” de Alain Horvilleur, un blog que je ne peux que vous recommander, que j’ai découvert lorsqu’il était encore hébergé sur Hautetfort, du temps où moi aussi j’y avais installé mes premiers cartons.

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