- (Dave) Ah ouai ? Et vous allez écrire quoi sur moi ?
- (Journaliste) Oh, je dirai que… ce ne sont plus des hippies en mission spirituelle qui débarquent en Inde, aujourd’hui, mais des jeunes connards venus randonner en terre de pauvreté. Je dirai que, de nos jours, aller en Inde n’est pas un geste de rébellion mais bien plutôt une entreprise conformiste ouverte à des petits ambitieux de classes moyennes, désireux d’inclure dans leur curriculum quelque chose qui démontre un peu d’esprit d’initiative (…) Votre prétendue voyage n’a pour tout horizon qu’une bassesse travestie en ouverture de l’esprit. Vous n’avez pas la moindre curiosité pour l’Inde, pas l’ombre d’une sensibilité pour les difficultés qu’elle affronte. Vous traitez également les Indiens avec un mélange de mépris et de méfiance issus tout droit du colonialisme victorien. (…)
William Sutcliffe, 1997, Vacances indiennes (Are you Experienced ?), Coll. 10/18,pp.192-193.
Pourquoi l’Inde ? Après Madagascar l’été dernier, nous voici parti pour le sous-continent indien alors que cette année, “avec la crise”, on aurait du rester dans l’hexagone… Mais non, nous voilà décidé, il y a quelques mois en arrière, de passer sur le continent asiatique. J’avoue ne plus savoir pourquoi, par contre l’intérêt pour cette partie du monde était certain. A force d’en parler comme d’une puissance émergente, d’un lieu fantasmatique… Parce que dés que vous dites que vous allez en Inde, les commentaires fusent. Le plus souvent les habitués vous déclarent :
Tu verras on aime ou on n’aime pas l’Inde
Ah ça forcément, si tu ne sais pas que tu vas dans un pays les plus peuplés du monde, aux contrastes les plus marqués, forcément ça va te faire drôle. Toutes les images bollywodiennes ne sont qu’une version épurée, occidentalisée, d’un pays un peu plus trash que ça ! Lorsque de temps à autres on se payait, durant le séjour, un hôtel avec AC et TC, il est étonnant de voir les publicités ou ces flims dans lequel on décrit une Inde décalée de la réalité où le confort moderne avec des objets au design “international” sont vantés, avec des acteurs à la peau très métissée, voire blanche. Lorsqu’on déambule dans la ville indienne, cette population occidentalisée est quasi-invisible.
Alors en circulant dans les rues de Delhi, ce qui m’a interpellé, au-delà du bruit, du monde, des odeurs, du rythme, etc., ce sont ces mains entre amis de sexe masculins qui s’accrochent, se tirent, s’effleurent parfois. Rien de sexuel bien entendu, juste un échange entre ami. Quand on connaît le caractère machiste rencontré sur place, cela à de quoi étonné. Mais il y a quelque chose de charmant, sans sous-entendu possible quand on les voit se balader dans les rues ou les monuments.
Il y a aussi lors de nos visites dans des parcs, tous ces indiens des classes moyennes supérieures qui se cachent ou inventent des situations pour nous prendre en photo. J’avoue n’avoir jamais osé demander le pourquoi de ces photos des blancs. Encore j’aurai une réponse s’ils prenaient seulement les femmes ou jeunes filles, mais non, moi aussi… Bon faut dire que je fais toujours une de ces têtes mais quand même. C’est étrange ! D’ailleurs, ce que j’ai aimé là-bas c’est la quantité d’Indiens qui profites de prix nationaux pour visiter le patrimoine de leur pays, entre amis ou en famille. On devrait prendre exemple tout de même. Mieux, cela a permis d’observer une chose. Un indien très pauvre voire miséreux se déplace pieds nus, un indien un peu moins pauvre possède des tongs, un indien de classe moyenne supérieure peut avoir des chaussures ou des baskets, mieux le top du top observé durant le séjour c’est la paire de chaussure de montagne quand on sait les températures en période de pré-mousson et comment ça sèche bien quand le déluge s’annonce.
D’ailleurs, ce déluge on l’a eu dans la capitale, …
(en construction…)
- Lectures du séjour : Pierre Bordage, 1999, Graine d’immortels, J’ai Lu. Un thriller scientifique qui se passe en Inde… Forcément à peine trois heures de vols et il était déjà terminé. Suivant. Alors une fois atterri à Delhi jusqu’au Shekhawati je suis passé à Régis Airault, 2005, Fous d’Inde. Délires d’Occidentaux et sentiments océanique, Petite bibliothèque Payot. Où comment éviter de se prendre la tête en voyant que certains la perdent facilement au contact de Bharat. Il permet aussi de mieux reconnaître certains au cours du voyage. Peut être à commencer à lire pendant le vol… J’ai du ensuite acheter un bouquin à Jaiselmer dans une boutique. Je suis tombé sur l’hillarant William Sutcliffe, 1997, Vacances indiennes (Are you Experienced ?), Coll. 10/18. A lire au milieu de son voyage, ça nous remets à notre place et permet de se dire qu’on est là en vacances avant tout. Ensuite à Mandore, je suis passé à Mo Hayder, 2008, Rituel, Coll. Pocket. Un thriller sur fond de croyances africaine à Bristol. Haletant. Voilà une semaine de passée et il ne restait que le bouquin de mes amis à lire pour les trois semaines suivantes… Alors ce fut le Fred Vargas, 2004, Sous les vents de Neptune, V. Hamy. Une sorte de Bienvenue chez les cousins d’outre-manche, mais en mieux ! Après forcément, plus rien à lire. Et il me restait encore plus de la moitié du voyage… Pas grave, le temps à passé et ma moitié n’a pas eu le temps de finir Rouge Brésil de Jean-Christophe Ruffin (Gallimard, 2001), je m’y mettrais donc cet automne. En rentrant, je me suis replongé dans le Je t’aime (Ti amo, 1996) de Francesco Alberoni, dont j’avais lu, il y a quelques années de ça, L’amitié (L’amicizia, 1984).







